The Gluttons

Friday, April 29, 2005

Patator and the grand-maz Killers

Attention, blog de transition: pas d'envolées ici, un pur constat digne d'un pigiste du Midi Olympique. Ne pas lire si sujet à déception.

Comme prévu, la voilà, la répet' qui dechire. Réaction épidermique, directement venue des tripes. Euphorie créée par l'émulation collective: on enchaîne 4 ou 5 titres en surfant chacun sur la solidité et la pêche des 4 autres . Prises de risques qui payent, chaque coup est porté avec la rage du mort de faim. Tout le monde a envie d'en découdre. On se sent toujours mieux quand on ressort satisfait de ce qu'on fait, quand on met puissance et urgence au-dessus de confort et sécurité. La rythmique Bertrand/ Cyril est impeccable, Anne-So chante comme jamais, les 2 guitares se croisent et s'affinent.

Et finalement, l'assurance qu'une seule question compte dans le rock: est-ce que ta maman elle écouterait mon groupe au dîner ?

Je me refuse à décrire davantage. Ce serait trahir et cadrer la hargne sauvage qui a rejailli sur mercredi. Disons juste qu'à 10 jours du gig, rien de tel pour se mettre en confiance.

L'après-midi déjà, on avait répété avec Anne-So : on a concocté l'intermède du concert où on se retrouvera à 2 , sur Love song de Cure. Du moins, une libre adaptation de la chanson. Et le fait de retailler une chanson, d'y mettre beaucoup de nous-mêmes nous avait de toute façon mis sur la bonne voie et redonné toute la vision ludique du truc. On ne joue pas pareil quand on se reconnait dans ce qu'on fait, certainement.

Monday, April 25, 2005

Smells like sick spirit

Frisson dans l'échine alors que la lame s'abat ? Adrénaline crispant la nuque quand le bourreau branche le jus ? Sirène hurlante dans le ventre tandis qu'on tente de courir plus vite que les 8 Dobermann-à-la-Resident-Evil ?
Bien sûr, on est en droit de s'interroger sur les vraies préoccupations, les vraies angoisses qui se cachent réellement chez chacun derrière les lignes opaques du blog. (15-20 mots ont-ils la prétention de rendre compte d'une marmite dans laquelle on met espoir, angoisse, frustration, rêve et tutti quanti ... combien de lignes pour rendre compte au plus près d'un regard, ou d'un moment ...? La description pervertit la réalité. Sergio Leone got it. )
Rien de tout ça à vrai dire. Mercredi dernier était l'exact opposé de tout ce qu'on pouvait attendre d'une répét' si proche du gig.
Déguisements d'un groupe de collège acné/craven A/bubblegum qui joue pas bien, la même chose il s'en va sans dire, mais pas en même temps ... Atmosphère digne d'un Bergman au pic de son observation du plafond. Là-dessus, bal des canards. Tout semble perdu, tout du moins, bien planqué.
Ou alors ce sont la tension et le temps qui manque qui sont à l'origine de ce mutisme ?
On doit jouer une demi-heure et c'est bien la seule certitude qu'on ait, on tire la bourre au clepsydre, on a les 1800 secondes dans la besace .... mais ô bordel et que Johnny Thunders se retourne 15 fois dans son bac à formol .......... où est la patate ????? L'âme rock, l'envie, le coeur, l'empathie ... tout ce ciment à vibrations !
Et alors que j'étais serein, ça y est, depuis mercredi, j'ai la guitare moite !!!! On n'apporte globalement pas encore grand chose musicalement alors si l'âme est off ce soir là, le public va avoir la dalle et de fil en aiguille, je vais avoir le regard honteux du gars qui n'a rien dans le frigo. Rien de pire pour un banquet que d'ouvrir un frigo vide.
Je sors de voir 'DIG' , le rockumentaire dans lequel Ondi Timoner a suivi 2 groupes, les Dandy Warhols et the Brian Jonestown Massacre pendant 7 ans ... Les 2 groupes sont amis et tournent ensemble. Puis le premier cité répond dès 1996 à l'appel des sirènes major, Capitol records en l'occurrence. Le second est rétif à ce système (Anton Newcombe, le génial leader: "I'm not for sale, got it ? I'm not for sale. The Beatles were.") et reste dans l'ombre, mais garde sa liberté ... ses galères aussi. Les Dandys sont des stars, ont le chéquier, la promo .... mais ont perdu l'intégrité, l'âme et la liberté créative. Anton Newcombe et son Town Massacre sort 4 ou 5 albums par an, fait pas un concert sans bagarre, n'a pas un sou mais vit dans cette douce illusion qu'il va faire une révolution dans la musique, dans ce mirage qu'il peut apporter quelque chose ... et ce quelque chose n'est pas un single à impératif de vente fixé par un gros gars parfumé au cigare qui écoute Sinatra en boucle (et ça c'est une vision encore idyllique) au 62e étage de sa compagnie qui brasse les groupes par containers entiers et qui parallèlement s'y intéresse comme à quelque chose qu'on entasserait en containers ("ah bon, les groupes ont une identité particulière ??? Nan, je vais vous dire, Frank lui, il avait tout .... " !!! )

Tout ça pour en revenir à l'âme. Notre hargne, notre joie de jouer et notre orgueil sont tout ce qu'on a à proposer le 7 mai. Mercredi, ils s'étaient désistés.
Mais dans l'air flottaient incompréhension, frustration et culpabilité vis-à-vis du côté lénifiant de la session ... quelque chose qui fait pressentir que mercredi prochain verra un vent de rebellion s'inviter dans le studio. De l'orgueil et de l'urgence, c'est le remède prescrit.

A notre décharge, mercredi était un peu particulier et chacun (ou presque) avait un mobile de démobilisation ... Allez les gars, Keep the fuck rockin' !

Friday, April 15, 2005

Gig - 24 ... tic tac tic tac

Oubliées les querelles et malentendus ( puisqu'il s'agit bien de ça, aucun d'entre nous n'ayant eu toutes les données du problème) , place au rock pur et dur, là où le décibel en appelle plus à l'épiderme qu'à la réflexion.

On joue le 7 mai au CAPC , le musée d'art contemporain de Bordeaux, et le temps qu'il nous reste s'effrite. Sentiment du condamné à mort qui se prend d'observation béate devant tout ce qui l'entoure... (toutes proportions gardées ) . L'application croise subreptiscement toute sorte de pensée candide. L'échéance du 7 mai nous met dos au mur, même si c'est de la bonne tension.
"Ironiquement rock ce majeur tendu face au public quand on plaque un accord barré" (enfin ... un power chord pour les initiés), "le LA est sans aucun doute la note idéale pour clore une chanson" ... et j'en passe. Toutes ces choses résonnent comme des évidences, des observations puériles, une remise à plat avant exposition aux spots ...
La setlist commence à s'arrêter d'elle-même. Certaines chansons s'imposent, comme Teenage Kicks, Born to be Wild, Psycho Killer ou Pornography , d'autres sont à venir comme Blietzkrieg Bop des Ramones. Certaines chansons comme celles-là apparaissent comme nécessaires. On peut difficilement les planter, même sous l'effet du trac. On les joue les yeux fermés. Nécessaires aussi pour mettre le public face à ses responsabilités de public, at aussi pour nous mettre face à nos responsabilités face à un public fraîchement face à ses responsabilités ........ Got it ? ...... Fuck, I got lost !

Tuesday, April 12, 2005

on the other side

Ce groupe est démocratique et je me dois d'exposer l'autre vision. Vision que je comprends, même si je pense que la bonne est finalement juste entre les 2 ...


Arnaud, il se la joue starlette quoi ! Le gars, il va nous faire croire qu'un concert devant 200 personnes, ça se refuse, alors qu'on jouera peut-être plus jamais devant tant de monde !!! Non mais, se faire payer, exiger du respect etc, à notre niveau, c'est en faire un peu trop hein ! Et puis, le principe c'est pas très grave au fond, ok c'est pas très réglo, mais bon, on peut passer dessus et penser à l'opportunité qui nous est offerte. Et puis, si on prévoit bien cette semaine là, on peut en tirer notre parti .... j'veux dire, on mange à l'oeil le samedi, donc je fais des courses light le mardi et je mange pas ni jeudi ni vendredi pour me baffrer là-bas le soir du concert ! J'adore la tomate avec la bière en plus , ça a bon goût !
Au fond, je le comprends Arnaud, les Suédois, c'est quand même pas une asso étudiante ... mais bon ... allez, laisse pisser, saisissons l'opportunité et basta ! Let's rock'n'roll ...

Monday, April 11, 2005

Where is my mind ?

Plus besoin d'un manager instable, on s'occupe de tout ... !

Dimanche, répét' improvisé. Ce coté improvisé se fait aux dépends de la présence d'Anne-So, mais bah, on a du boulot à faire de notre côté hein, et c'est peu de le dire.
La répét' va être surtout la scène propice à un débat houleux sur des (pourtant) petites divergences ...
motif: Concert pour la multinationale suédoise
Rappel des faits: L'organisation de la soirée a écarté un groupe professionel qui tariffe 1500 euros le set, et nous prend non pas en "remplacement" hein, mais en "complément". En contrepartie, puisqu'ils ne parlent pas de cachet, ils nous proposent de manger à l'oeil et d'avoir l'open bar toute la soirée. Compte tenu que 3 d'entre nous ne travaillent pas ou plus dans la boîte, la différence pour eux est de 3 personnes en plus sur le schéma dit normal de la soirée.

Je tiens d'ores et déjà à dire que je suis désintéressé quand je joue de la musique, mais ici je parle de principe, je pense qu'il y a une forme et un respect à avoir pour les gens, aussi inexpérimentés soient-ils.

Je me suis donc proposé de négocier, simplement par confort, car j'ai pris conscience du malaise généré quand quelqu'un doit entreprendre ce genre de discussions alors qu'il est également dans le cadre de son boulot. C'était maladroit de notre part.
A partir de ce moment là, le débat a glissé. Un dialogue où seul son absence était notable. "non, ce sera comme ça" ... "corporatiste" (ça c'était dur et je le regrette d'ailleurs ... ! ) ... "tu pètes plus haut que ton cul" ... "j'aurais honte qu'on soit payés pour ce qu'on fait aujourd'hui" ...

Wow ! Rage et bagarre backstage New York Dolls-ienne, que dis-je ? Presque Guns'n'Roses-esque !!!! Tout est là, rixe en rangs serrés, acidité, gang teigneux ... Rock'n'fuckin'Roll !!!

2 visions s'affrontent et, tout en restant sur la mienne, je réussis à "comprendre" l'autre.

Le dernier rêve de la musique, c'est se faire plaisir et être libre, n'avoir rien d'imposé sous les doigts. Reporter ses rêves et les excès qu'on ne ferait pas dans la vraie vie sur ces courts instants d'expressions mélomanes.
En face, la grosse corp. internationale qui la joue paternaliste: "vous pouvez rester manger à l'oeil si vous voulez" ... Avec tout le respect que je dois aux polonais, on n'est pas un orchestre folklorique polonais des années 60 en mal de provisions ... !

Remettons les choses à plat ! Va-t-on être célèbre ? Va-ton gagner plein de sous en tournant dans les bars ? Et est-ce un objectif d'être un groupe qui tourne dans les bars ?!?
Je suis désinteressé. Je pourrais jouer toute ma vie gratos juste pour le sentiment "électrique", loin du boulot, de la queue au supermarché ou du tramway bondé ...
Mais là - par principe - les meublistes rejettent un groupe pro à 1500 euros l'heure 30 et nous prend contre une salade à la tomate / bière. N'est-ce pas l'odeur d'un manque de respect ?
Alors, par intégrité, au moins sur ce point là, et si on doit jouer gratos ... alors je préfère que notre premier concert soit devant nos amis. Là, le 7 mai, ils n'y seront pas, puisque même les conjoints des employés ne seront pas conviés.
Si on n'est pas intègre à notre niveau, si on perd notre liberté de choix si tôt, si le poids des compromis prend le pas sur l'excitation du rêve, si on n'est pas apte à jouer devant 200 personnes qu'on ne connaît pas et qu'on le fait quand même .... Qui ne se sent plus pisser ? Moi ?
Non, jouer devant 200 personnes ? Nous ? Non, j'ai les pieds sur terre, alors ... on se fout de notre pomme. Mais dire que c'est le traitement qu'on mérite car on ne joue pas toujours très bien, il y a un pas que je refuse catégoriquement de franchir.
Oui, c'est tentant et excitant mais chacun doit s'y retrouver et ne pas garder un goût de boue dans la gorge après le concert. Si on doit jouer devant nos potes ou des gars venus passer la soirée devant une bière, pépères, le goût n'est plus le même, le plaisir prévaut.

Imaginez. Si notre première fois intime avait été "sauce suédoise" (l'entreprise, pas le partenaire) ... style mariage arrangé ou bien pire ... les autres fois, les suivantes, auraient-elles eu la même chaleur, le même parfum ?

Rixe donc. Je continue à penser qu'en plus de renoncer à jouer notre premier concert devant nos amis, jouer et passer 1 mois à trimer pour être prêt pour ce concert ... et pour quoi? tomate/bière ? Est-ce le nouvel argus de la musique ? Et est-ce que de notre petite taille on tombe sous le droit de cet argus ?

Pour ma part, je préfère le retour au choix et je n'ai pas d'autre "prétention". Envie de jouer devant nos amis ... j'offrirai les tomates et les bières.

Damoclès

Cette session est la parfaite antithèse de la précédente, celle de ce mercredi est éclaboussée d'effervescence et de dynamique.
En 24 h, 2 propositions sont venues vitaminer l'hebdomadaire glouton: décision à prendre ce soir, demain il sera trop tard ... première partie d'un groupe à la soirée des 15 ans du gros magasin de meubles suédois, dont je ne citerai bien entendu pas la nom. L'échéance est abrupte, c'est le 7 mai prochain, mais excitante. Dans l'après-midi, Cyril et moi avions redouté l'accueil qu'Anne-So réserverait à la nouvelle. Décidément on n'y connaît rien en psychologie féminine puisqu'elle est finalement ravie et baigne dans un cocktail motivation / excitation.
Pas meilleurs en psychologie masculine, on n'avait pas vu venir l'accueil frais-frais de Bertrand ... bah, il tiendra admirablement son poste dès qu'il aura ingéré la nouvelle, c'est certain, pas de doute sur sa capacité à planter les clous.
Adrénaline de l'urgence, fulgurances dûes à l'ultimatum, rock'n'roll !
La deuxième proposition renvoit l'impact à 2 mois. Soirée privée. Mais est-on moins sous le coup de la pression, moins intimidés à jouer devant ses amis ? Première partie du groupe déjà rodé de "Kick ass" Mélanie, "Keith Vintage Richards" Hervé et de "Big Bollocks" Jean-Claude ... en famille quoi !
Le but est de faire une soirée concert-apéro et de se confronter à la scène avec filet cette fois: oui, les amis sont toujours plus indulgents ... !
Réaction sans attendre à ces nouvelles: répét' avec beaucoup d'entrain , très efficace. Bien forcés d'être plus précis, d'aller droit au fait dans les choix de morceaux, dans le jeu. Effervescence entrecoupée de doutes. Plus que 4 répét'. "On doit se voir 2 fois par semaine". Un "ça va être super" précède / succède à un "on va jamais y arriver". Fièvre du spotlight ... attention à l'insolation, mmmhhh !
On débroussaille Psychokiller, qui bénéficie de l'énergie du soir. On retravaille Pornography, on retouche les détails qui flottent ça et là. Le bleu de chauffe est mis.

Tuesday, April 05, 2005

Débat sauce EMI

"E M IIIIIIIIIIII ta ta ta, E M IIIIIIIIIIII ta ta ta" comme le chantait Johnny Rotten à la tête des Pistols ... juste après s'être fait virer de la boîte ( pour crachas et vomis sur des gens à l'aéroport d'Heathrow à Londres ... Rock'n'rooooooll ..... non c'est juste dégueulasse en fait).
Bref, je viens de consulter le catalogue d'EMI, la célèbre maison de disques britannique, et ... sans vouloir relancer aucun débat ... les Stones sont classés à "rock" et les Beatles à "pop" ! La vérité est bien plus laide en fait, puisque le nom Beatles côtoie immédiatement le nom Blue, le quatuor de guimauve irlandaise.

Cette information ne requiert aucun commentaire superflu.

Friday, April 01, 2005

Let there be rock

rock (3) : /rok/ (also rock music) n. a type of loud modern popular music with a strong beat, played on electric guitars

(ref. Oxford English Dictionnary)

L'application d'après-écoute (de lundi soir) se fait au détriment de la pêche, de la Grinta ! L'heure est au réglage, à la mise au carré, à la diplomatie coulante... avec tout ce que ça implique comme perte en âme rock. Je veux dire, Genesis, c'est carré, mais à aucun moment je dirais que c'est 'rock' !!!
.... Woa la la, va m'falloir quelques lignes pour me remettre de cette supputation .... !!!
Bref, le trop fort s'est transformé en trop plat. Pointe de frustration au moment de pousser à la guitare et que rien ne sort. Tout le monde redouble de prudence et de fébrilité. Tension, frustration, tristesse.

On fait rouler Where is my mind ? pour trouver du naturel.
Oooooooooooooh oooo---ooo---o-o-h ... ! La voix d'Anne-So flanche: faut dire, elle était déjà malade à 21 h, notre promesse sur le volume a été tenue et elle ne l'a pas perdu à s'égosiller.
Sentence immédiate. Regard incandescent dans lequel fureur et frustration se conjuguent. Regard que personne à ce moment précis n'ose croiser. Un pied de micro vole pour s'écraser contre un mur, elle crache au visage de tout ce qui se trouve sur son chemin, se jette tête la première dans le baffle Marshall, cherche Bertrand de son regard devenu vitreux sous l'effet de la violence, mais celui-ci s'est réfugié dans sa grosse caisse. non, c'était dit, et rien ne pourrait plus l'en empêcher ... Anne-So irait boire son thé vert !!!
(NB: on n'a toujours pas trouvé de manager instable et provocateur)

C'était sûr, la semaine prochaine, on ne fera que du neuf ... puisque l'arrière goût de la soirée est au tournage en rond.
Et ça, on ne le sait que trop bien ! ( Pinky-word)