The Gluttons

Sunday, May 29, 2005

fever pitch

Y a-t-il un lien entre le foot et le rock'n'roll ?
En fait, ça s'appelle le rock britannique. Et je me dois aujourd'hui de rétablir ce lien évident. Dominique Rocheteau dans les 70s était un joueur rock'n'roll, les pieds sur le gazon, le coeur polémique et engagé, l'oreille sur ses disques; Les artistes des îles britanniques (musiciens, écrivains, peintres, etc) ont tous leur fauteuil chaud au stade du coin (ce qui fait que la plupart du temps, ils sont bien en phase avec leurs contemporains ... pour comparaison, écoutez la musique US ou française) ; Puis, dur de regarder des images de Johann Cruijff, ou de tous les footballs non-individualistes, sans avoir de la musique dans la tête ... histoire de rythme, au fond le même boulot. Aussi, la même volonté de faire co-exister panache et solidarité d'équipe/ de groupe. Enfin, le look cheveux longs des artistes du ballon: Redondo a dû renoncer à la sélection argentine car il refusait de se couper les cheveux ... et c'était il y a 6 ans !

Et puis, pour eux aussi, les matches sont plus intéressants que les entraînements.

Tout ça pour justifier nos "être-ailleurs" (que j'ai donc justifié comme étant naturels, hein) de mercredi dûs en partie à la finale Liverpool-Milan AC, pile en même temps que la répét' ...

Répét' flottante donc entre la volonté affichée et les errements ... alternance entre les Breeders et les Von Bondies pour laisser refroidir le coude ... une oreille sur le groupe, l'autre sur Istanbul où Liverpool livre le match le plus Liverpudlien de son histoire ... Cyril qui fait essayer la basse à Anne-So pour répondre à son instinct primaire ... Quelque part, on est coincés entre ce concert du CAPC et la fermeture de la Rock School (et donc de son local de répét') à partir du 20 juin, coincés entre le choix de la direction à adopter et des dates, des projets qui mettent du temps à se dessiner. On est coincés dans notre frustration de pas avancer assez vite, de pas pouvoir donner plus, de ne pas progresser assez vite.
Et en même temps , est-on coincés ?
Non, la frustration, c'est l'essence du rock. Les projets, ça va se débloquer d'ici peu et c'est que du bon ... après avoir accepté la pantalonade suédoise, qui a même fini par nous coûter des sous, est-il besoin de se poser des questions énormes pour telle ou telle future apparition ? JOUER, c'est ce qu'il nous faut.

Les nouvelles chansons sont de purs brulôts: ça va être bien de jouer les Von Bondies en concert.

Sunday, May 22, 2005

Petits réglages et grosses envies

La semaine intercalaire a décelé une grande frustration, plutôt, plusieurs grandes frustrations ... D'où vient cette morosité, de retour dans le local de répèt' ? La scène, sa fièvre, voire sa dépendance ... tout ça reste ancré dans un coin entre le coeur et le baffle. Envie d'y retourner au plus vite: on a un plan pour la fête de la musique, un autre pour un mini-festival dans une grange, puis le concert qu'on met patiemment sur pied pour partager la scène avec JC, Hervé et Mélanie ... Anne-So nous parlait de la possibilité d'un week-end résidence dans un studio au calme, où la configuration scène est réaliste, et où l'atmosphère de travail et de créativité ne sont pas cantonnées à 3 heures coincées entre une bière et la fermeture de la rock school. Tout ça fait saliver ...

Ensuite le choix des nouvelles chansons était un tournant difficile. On a passé plus d'un mois à faire tourner les mêmes 10 morceaux, histoire de les huiler pour le jour J et la virage n'était pas facile. La semaine dernière, on s'est vautrés... OK ! Brainstorming et propositions des 5 Gloutons ont débouché sur une liste de 17 chansons, pour un panel large de ce qu'on est chacun de notre côté: le but est de déceler lesquelles de la liste se rapprochent de ce qu'on est tous ensemble.
Les premières élues seront Cannonball des Breeders, C'mon C'mon des Von Bondies et Lithium de Nirvana, même si cette dernière devra patienter un poil.

Réglages effectués.
Enfin de notre côté car 2 ampoules sur 6 fonctionnent dans le local, la pédale de grosse caisse est dans le même état que le lendemain de son décès, le jcm 900 a jamais eu un son si pauvre...

Mercredi donc, la dynamique était de nouveau là. Au contraire d'Anne-So, qui, trop crevée, a dû s'endormir quelque part entre le téléphone et le canapé juste après avoir raccroché pour nous prévenir qu'elle ne viendrait pas.
Pas de batteur, on avait tenté; A une seule guitare on avait tenté; Sans chanteuse, jamais ... On se relaie derrière le micro pour assurer la trame et pour caler les enchaînements. On se chauffe sur Teenage Kicks et Born to be wild, mais on arrive vite au paradoxe qu'on se pose vite davantage de questions sur le chant que sur le vrai problème, se caler derrière nos instruments et offrir une copie carrée et propre.
J'assure tant bien que mal (je m'épargne) la voix sur Cannonball , Yann s'occupe de C'mon C'mon et Cyril s'occupe finalement des 2, par ci par là.
Bertrand fait des tics tics et des tacs tacs sur l'intro des Breeders, Cyril cherche et trouve (ça semble une phrase gratuite et vaine, mais c'est le seul à qui ça arrive ce genre de trucs), Yann se plante dans l'agencement des 2 accords de la chanson (et il ne s'en émeut pas le bougre) , je m'aperçois que les Von Bondies ont un débit-main-droite qui n'a pas à pâlir devant les Ramones (cqfd je transpire), ... Yann, encore, lâche la phrase énigmatique (sur les bruits de baleine au début de Cannonball) "ça je peux m'en occuper", et à plusieurs reprises même. Personne ne relève mais ça m'intrigue méchamment maintenant que j'y pense.

Répét' boulot quoi, où on touche pleins de limites et que chacun rentre chez lui avec une idée bien précise sur quoi bosser ... à l'instar d'une séance de muscu où on sait qu'on a bien bossé à cause des courbatures et de la bonne fatigue derrière.
Anne-So n'a pas à s'inquiéter pour son micro en tout cas, il n'y a pas de prétendants, il n'y a pas eu d'anecdotes très rock du style "j'vais t'dire un truc mec, un jour la chanteuse est pas venue, machin a pris le micro et depuis il l'a plus jamais lâché mec ! La révélation, ça a collé, crois moi, on s'est tous regardés dans le studio et on savait, mec" ... tout ce style de briques mélo que les journalites enrobent de mélasse pour tirer la légende de l'ordinaire.
On veut être plus carrés aussi, et on s'écoute davantage pour savoir ce qu'il faut faire pour ça. Ce qui en ressort pour l'instant c'est que Bert' doit se carré-iser et nous redonner le métronome ( il a retrouvé une batterie, une HAMMA, tirage "EMI", qui date d'après nos recherches du milieu des 70s et qui est un véritable bijou ... les affaires reprennent), avec Yann il faut qu'on trouve un son homogène et cohérent, sous peine de continuer à paraître brouillons, Cyril doit se coller à Bertrand, Anne-So doit bosser ses toniques ..... rien de très nouveau mais chacun doit bosser ça dans son coin. En janvier personne n'était sur son instrument ou derrière le micro alors je ne crois pas que c'est grave. Plutôt l'impression qu'on a pris la voie rapide même, et ce constat aujourd'hui est lui aussi prompt à venir, on aurait pu se dire ces choses là dans 6 mois ou 1 an ... le petit fantôme est précoce.

Friday, May 13, 2005

A confesse

- Mon père j’ai pêché … après que rory gallagher et pink floyd (david gilmour quoi) se soient enchaînés sur mon lecteur mp3, j’ai eu des pensées impures et cette phrase s’est imposé à moi: "p’tain quand même y a pas à dire, le son fender … "
- ne jurez pas mon fils !
- mon père, gallagher et gilmour p’tain, merde
- p'tain, ... je vous l’accorde.
- Bon, comment puis-je me repentir ?
- C’est très grave. Vous allez me réciter 10 fois la gamme Gibson année par année, puis vous jouerez du turbonegro pendant 8 h … amen

gueule de bois et prozac dans les bafles

Comment expliquer mercredi ... ?
On a voulu enchaîner en renouvelant le répertoire, ne faire que du neuf. Mais celui-ci s'est révélé être une erreur de casting. Pas une erreur de qualité ni d'affinités avec ces chansons là ... mais juste pas le moment adéquat. Et puis ... nous. Dépression post-adrénaline certainement. Yann et moi on n'arrive pas à accorder nos guitares, idem après avoir mis la main sur un accordeur. Même Bertrand monte son charley à l'envers. On est partis plus d'une demi-heure avant la fin de la répét' , "des fois, il faut savoir ne pas insister" a dit notre gourou. Personne n'a mouffeté.
Mercredi prochain, on aura des chansons adaptées et l'esprit clair.

Tuesday, May 10, 2005

on the road

Samedi ... Samedi devait être le soir de notre premier concert, au CAPC musée d'art contemporain de Bordeaux, en avant-goût du goinfrage de la soirée des Suédois ... Samedi devait être une mise à l'épreuve de nos compétences musicales devant un public, un baptême en do majeur ... Non, Samedi a été plus que ça ! Le baptême s'est fait au vitriol, les 2 pieds en plein dans la grande flaque du rock. Samedi a été une journée remplie de ces destins et ces anecdotes qui peuplent les biographies rock les plus romancées et les plus gourmandes en légendes déglinguées. Je m'explique...
Rendez-vous dès 16 h pour installer le matériel et faire la balance. Mais à 16 h, le décor était déjà planté. Bertrand avait garé sa voiture, avec sa batterie à l'intérieur, aux abords du CAPC, et était venu voir si on était là, par où entrer etc etc ... Quand il est revenu 10 mn plus tard à la voiture ... enfin, à l'emplacement de la voiture ... des §@#%* avaient changé la donne en même temps que la voiture de place ! Ces enfoirés ont tellement d'amour propre et d'honneur que ... enfin, quoi, voler une grosse voiture, voler une multinationale (même si je ne dis pas ça pour justifier ou car ce serait ma façon de penser, mais bon, à choisir ... hein ... à la Robin des Bois) , ok, à la limite, mais là, c'est faire du blé sur quelqu'un qui délibérément ..... aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhh !!!! Pour donner encore plus de corps à la journée, disons le ouvertement, il aurait fallu retomber sur eux. Le tableau rock-déglingue aurait été complet.
Faudrait des cours de civisme pour les voleurs !
Bref, le ton était donné. Les Sex Pistols avaient volé leur premier matos de scène ... on se vengera sur Johnny Rotten !
De là, tout a été changé. La balance s'est faite sans batterie et sans Bertrand. Dans la confusion aussi, puisqu'on se demandait s'il allait venir ou pas. Les gars du 2e groupe cherchait une autre batterie dans le même temps, en urgence. La fille du son était une de ces pimbèches insupportables et que tout irrite avant même que ça ait commencé.
Je résume, la balance a été merdissime à en frôler les hautes sphères. Certaines cohabitations de matériel étaient nécessaires (au passage, l'autre groupe comptait sur la batterie de Bertrand aussi) et s'est bien passé (merci Nico) , d'autres cohabitations de territoire ont été plus nauséabondes (comme quoi des Ritchie Blackmore de plaisance, y en a même à petit niveau: je cite- moi "ma pédale te dérange pas là ? car tu marches dessus depuis 5 mn" - lui "non non c'est bon, et puis après tu dégages de toute façon" ) ... uh uh !
Temps à tuer, on va chez Yann s'enfiler des bières. Bertrand nous rejoint là-bas: il était au commissariat, au cas où c'eût été la police et sa fourrière ... il a fini par porter plainte devant la soudaine évidence. Le bassiste du 2e groupe rapatrie fissa sa batterie, pas du luxe mais on en est plus là.
Les événements du jour nous ôtent toute pression et on se rend au CAPC détendus, ou blasés je sais pas vraiment. Arrivée des premiers "meublistes" , apéro, recherche de grosse bière qui tâche l'ampli sur lequel on va la poser (c'est rock de demander des bières en canettes dans une soirée résolument standing ou cocktails flirtent avec sushis et champagne ... et où le délai entre la demande des dites bières et leur arrivée laisse penser que la personne a effectué un vrai parcours du combattant pour les trouver) ...
21.30 ... Début du show, toujours pas de tension, déçu !
la setlist:
teenage kicks
monkey gone to heaven
beetlebum
to bring you my love
pornography
born to be wild
love song
working class*
psycho killer
blietzkrieg bop
Une compo (working class) et 9 reprises. Même si des gens penseront que ce n'étaient que des compos (eh eh ah ah oh oh). Débuts poussifs, où on faisait le job mais sans cette hargne qu'on peut avoir, mais par contre, deuxième moitié de set (à partir de pornography) à tuer des mémés !
Coup de fil en plein set à Mélanie, avant working class, je pose le portable à côté du retour: ironie subversive qui consiste , face à tout le monde, à faire entrer un invité à notre concert sans en avoir eu l'autorisation.

On est là pour soigner votre rock ! Docteur Bertrand à la batterie, Docteur Cyril à la basse, Docteur Yann à la guitare et prrrrrrrrofesseur Anne-So au chant.
Merci Anne-So pour ton "Arnaud ...... infirmier" ;-)

Show trop court, qui aussitôt terminé, nous donne envie d'y retourner.
Un sentiment s'impose: on a galéré, on a joué avec un son plus que moyen (Anne-So parfois inaudible, mon micro activé à ... la 5e chanson !!! ) , Bertrand n'a pas joué sur son matériel et a dû s'adapter à une configuration de batterie qui n'était pas la sienne (n'étant pas là pendant le montage), on a dû lutter contre le mutisme d'une assistance en train d'arriver et de se dire bonjour, entre bises et cocktails ... On a commencé à répéter en janvier. Cyril n'avait jamais touché une basse, Bertrand n'avait jamais joué de batterie, Anne-So n'avait jamais chanté hors des 6 m qui entourent sa platine disques, Yann avait arrété la guitare depuis 3 ans et on y va quoi ... on joue sans pression et sans complexe devant tous ces gens. Démarche Ramones. On a des tripes et du coeur, on est heureux de bosser ensemble.
Si la 1e partie du set était plus discrète, notre furia durant la 2e partie a arraché des encouragements du public, toute initiative (slider mon manche de guitare sur le pied de micro pour finir psycho killer, par exemple) était immédiatement saluée par les afficionados de musique-qui-vient-du-fond-crados-que tu-peux-pas-faire-comme-si-c'était-pas-là et les autres qu'on a fait se retourner. Sensation d'avoir gagné le public au fond. Sympa aussi de voir le cordon des 30 spectateurs permanents debout devant la scène se grossir au fur et à mesure.
Bref, on reste sur cette sensation agréable qu'on a donné l'image qui nous colle, avec davantage d'intention que de technique, avec esprit de corps et esprit teigneux, et le côté perso-glamour d'Anne-So en prime. Et aujourd'hui, tout ça fait qu'on est heureux de jouer ensemble et c'est pour ça que j'aime ce groupe !
On a eu des retours agréables du public, certains nous ont dit qu'ils avaient préféré notre côté direct et sans artifice que la technique fade de nos successeurs. Ca encourage (même si ce style de compliment est toujours à prendre avec des moufles).
Keep on rockin' contre vents et marées !

Thursday, May 05, 2005

A trois on saute : 1 ... 2 ...

Hier soir, simple confirmation que tout le monde a maintenant conscience de la proximité de samedi. Pression assumée et que personne ne fait semblant de nier, voire de détourner. Doigts grippés, désynchronisation fébrile, oubli de l'élémentaire ... on relit le brouillon avant de coucher au propre.
Session de travail principalement. Cyril casse une corde et doit repartir chez lui en cueillir une. Yann désespère de ses aigus, Bertrand bertrande, Anne-So (quand elle n'enfile pas sa panoplie de je-suis-ailleurs-veuillez-sonner-s'il-vous-plaît ) touche du doigt des possibilités tellement grisantes pour nous, les forgerons thélurriques. Et pour ma part ... je grippe ... le montage des doigts à l'envers aidant. Derniers réglages donc, session alliant l'utile à l'urgent.

Récit de la semaine tronqué à dessein , histoire de ne pas voler l'actualité à samedi soir.

Back in the 60s

Josef Ratzinger, notre nouveau pape Benoît XVI, a cru bon déclarer son désamour pour la musique en général, le rock en particulier. D'accord, on n'attend pas du pape qu'il nous guide en musique, on a d'autres papes pour cela (les papabili Lester Bangs, Patrick Eudeline et Nick Kent en tête) ... mais on n'attend pas non plus qu'il nous ramène 50 ans en arrière. Si Ben n'est pas Lester, il n'est pas HG Wells non plus !


Le rock est, selon lui, "l'expression de passions élémentaires qui, dans les grands rassemblements musicaux, a assumé des caractères de culte, ou mieux de contre-culte qui s'oppose au culte chrétien."

Si tu mets le vynil de Led Zep à l'envers tu peux entend..... arf !

Wednesday, May 04, 2005

Marshall

J'ai fait un tour sur le site des amplis Marshall (www.marshallamps.com ) et j'ai vu qu'on pouvait y trouver des citations d'illustres utilisateurs de l'usine-à-frissons.


'Marshall saved my life' - Graham Coxon , Blur

'Old Marshalls never die, they just blow your f***ing head off ' - Lemmy, Motörhead

' I'm not using it anymore , you f***ing French shithead, I'm dead !!! ' - Jimi Hendrix

' I'm not using it anymore and people think I'm dead. Well, Guys, I'm deaf not dead !!! ' - Pete Townshend , the Who



Bon ok, pas sûr que les 2 dernières citations y figurent ... je dois être sujet à la pression sous-jacente instillée par samedi soir ... je retourne au lit.